Environnement, Qualité de Vie

La problématique du gaz de Schiste

Un collectif à Vias

Le film ''Gasland'', de Josh Fox, fut le catalyseur de notre engagement. Les effets nocifs, induits par l'exploitation de ces hydrocarbures de roches-mères sur les populations de proximité et leur environnement immédiat, aussi bien en Pennsylvanie, qu'au Texas, dans l'Ohio, ou bien au Canada, y apparaissent catastrophiques. Tout le monde a mémorisé le robinet de la cuisine qui prend feu ! Concrètement, l'un des risques majeurs de ces forages spécifiques réside dans le fait qu'en polluant le sous-sol, ils peuvent contaminer un de nos biens les plus précieux : notre eau de consommation. Parce que ce qui est vécu Outre-Atlantique est transposable chez nous. En effet, un permis ''les Plaines du Languedoc'' a été délivré, en 2009, à une société suédoise : Lundin International. Nos communes littorales sont directement concernées. En tout, 163 dans la région. Ce qui représente une population d'environ quatre cent mille habitants. Sur les cent onze communes de l'Hérault, dix d'entre elles puisent, en partie ou en totalité, leur eau de consommation dans la nappe astienne : Cers, Montblanc, Portiragnes, Servian, Sauvian, Sérignan, Valras, Vendres, Vias, et Villeneuve-lès-Béziers. Et chacun sait que la technologie et les méthodes utilisées par les multinationales qu'elles opèrent aux USA ou ailleurs, sont identiques. Elles seraient donc utilisées, pour l'exploration et/ou l'exploitation de ces hydrocarbures, dans l'hexagone. Quant aux retombées économiques, elles semblent de plus en plus controversées ! 
Rappelons-nous la nature de ces gisements
Nous savons que tous les gaz extraits du sous-sol sont, par nature, des gaz naturels. La distinction entre les gisements dits conventionnels et non conventionnels, vient de la spécificité de la roche dans laquelle ces hydrocarbures sont retenus, et de la technique industrielle avec laquelle on les extrait. « Sous l'action des hautes températures qui règnent dans les couches sédimentaires entre 2000 et 5000 mètres de profondeur, le kérogène (matière organique fossilisée) se transforme (craquage thermique) en pétrole liquide accompagné de gaz. A plus de 5000 m, le pétrole ''craque'' à son tour et se transforme en gaz », dixit Bruno Goffé (Directeur de recherche au CNRS). Plus légers que l'eau, le pétrole et le gaz remontent le long des roches poreuses dans lesquelles ils sont confinés, si ceux-ci sont surmontés de roches imperméables. Si rien ne les arrête, ils suintent en surface. On compte trois types de roches-mères. Les huiles de schiste, provenant de schistes bitumeux de faible profondeur. A partir desquels, par distillation, on obtient des hydrocarbures liquides. Les pétroles de schiste, issus des roches-mères qui ont subi un enfouissement suffisant pour former des hydrocarbures liquides. Et les gaz de schiste, libérés des roches-mères qui ont subi un enfouissement suffisamment profond pour générer des hydrocarbures gazeux. 
Rappels des types de pollution, de danger et de risque encourus
Les sources de pollution sont multiples.

  • Les millions de mètres cubes d'eau, mélangés aux produits chimiques (750 dénombrés en avril 2011 par la Chambre des représentants des USA), piégés dans les couches du sous-sol, se combinent aux sels, métaux lourds (arsenic, mercure, plomb, ...), et aux éléments radioactifs tels que le radium et l'uranium.
  • Les boues polluées, récupérées en surface, résultent d'interactions de plusieurs centaines de produits ayant subi de fortes concentrations de chaleur et de pression. «Comme s'il s'agissait d'un réacteur chimique produisant au final des nouveaux composés parfois difficiles à identifier», dixit André Picot, éminent toxicochimiste.
  • Le bruit (compresseur d'air), les poussières, le flux provoqué par plus de mille voyages de camions par jour, dont plus de cinq cents camions citernes (30 m3 de capacité).
  • Les gaz de torchage, et ceux qui s'échappent des forages.
  • Ainsi que les risques d'incendie et d'explosion.
 Dans les composés organiques répertoriés par l'EPA (Agence américaine pour la Protection de l'Environnement), on relève, notamment, du benzène (puissant cancérogène), du toluène et du xylène (neurotoxiques), du méthylnaphtalène, du fluorène et du phénanthrène (mutagènes). En outre, « s'ils sont mal maîtrisés, les chocs provoqués pour fracturer les roches-mères peuvent déclencher des secousses sismiques. De plus, le gaz peut s'échapper en dehors des puits » dixit le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). 
Actions locales concrètes
Pour dénoncer l'aberration de l'exploration de cette énergie fossile, Régis Cassefières, André Donate, Gérard Gilles, Christian Joviado, Guy Lahondes, Kacem Lairi, Elian Suc et Joël Taurines se sont rassemblés dans un Collectif local. Lequel s'est rapproché du Collectif Littoral en participant à plusieurs réunions à Sérignan. Après s'être informé auprès du SMETA, du BRGM et de certains scientifiques, dont Jean-Louis Cuq (Président honoraire de l'Université Montpellier 2, membre de l'Académie des Sciences de Montpellier), le Collectif local a informé à son tour les populations viassoise et agathoise. Avec l'association AGATHE, il a créé le Collectif interassociatif Agde/Vias « Gaz de schiste Non Merci » ! Dès lors, ont été organisées des rencontres informatives lors des fêtes des associations et sur les marchés des deux communes, ainsi que deux réunions publiques : le 14 septembre à Vias et le 19 octobre à Agde. Simultanément, le Conseil Municipal de Vias votait le 19 septembre, à l'unanimité, la demande d'annulation du permis d'exploration des gaz de schiste « les Plaines du Languedoc ». En outre, le 3 octobre, le Maire de Vias publiait un arrêté municipal interdisant la circulation des camions vibreurs et d'engins de chantier destinés à la prospection et l'exploitation d'hydrocarbures (gaz de schiste). 
Où en sommes-nous aujourd'hui ?
Depuis 2009, soixante quatre permis d'explorer ont été accordés sans concertation ni étude d'impact. Grâce à un mouvement citoyen d'une ampleur considérable, trois d'entre eux, validés le 01/03/2010, ont été abrogés le 13 octobre 2011 : Villeneuve de Berg, Montélimar et Nant. Entre-temps, devant la pression, le précédent Gouvernement, a légiféré. La loi du 13 juillet 2011 interdit la technique de fracturation hydraulique. Le rapport du CGEIET (Conseil Général de l'Economie de l'Industrie, de l'Energie et des Technologies) et du CGEDD (Conseil Général de l'Ecologie et du Développement durable), de mars 2012, sur les hydrocarbures de roches-mères, identifie 39 autres demandes. Il en reste donc cent en cours. En outre, plus inquiétant, des concessions d'exploitation, accordées depuis longtemps, permettent de réaliser de nouvelles recherches. D'autant que certains industriels ont obtenu l'autorisation de réaliser des forages profonds (3000 m) et horizontaux.
Aujourd'hui, il semble que le Gouvernement souhaite que des recherches soient réalisées pour trouver d'autres techniques de forage, sans risque pour la santé des populations de proximité ni de danger écologique, en particulier de pollution des nappes phréatiques. Le débat sur la transition énergétique, qu'il organise, démarre. Attendons ses conclusions ! Gageons que l'Europe relève le défi du siècle. Devenir le N°1 Mondial des Energies renouvelables. Ce challenge européen représenterait un espoir pour les jeunes générations en termes d'emplois et une perspective de croissance économique, au niveau européen, qui assurerait la qualité de vie des générations futures.

Pour adhérer au collectif inter associatif Agde/Vias "Gaz de Schiste Non Merci !", vous pouvez contacter un de ses membres actifs : Régis Cassefières, André Donate, Christian Joviado, Guy Lahondes, kacem lairi ou Joël Taurines.

 
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